Voilà je tenais à mettre un petit article portant sur le thème de l'émission Les maternelles que j'ai regardé ce matin: Le déni de grossesse.
Je n'en avais encore pas entendu parler de manière aussi explicite et j'ai trouvé intéressant de savoir comment cel se fait-il qu'on puisse tomber enceinte sans le savoir, qu'au bout du 8ème mois, la période de grossesse puisse être totalment invisible etc..., j'estime que c'est quand même un phénomène hors du commun et pourtant ça touche certaines femmes. Voyez comment une jeune adolescente l'a vécu:
« Il y a 10 ans, Françoise, infirmière scolaire, était en poste dans un lycée de Bretagne. Un soir, vers 23 heures, une élève sonne à l'infirmerie. " Une gamine de 15 ans, bien charpentée, vêtue d'une simple chemise de nuit. Elle avait mal au ventre et voulait un cachet ", se souvient l'infirmière. Passer à côté d'une crise d'appendicite est la hantise de toute infirmière scolaire. Françoise demande alors à l'élève de s'allonger un moment. En soulevant sa chemise de nuit, stupéfaite, elle voit la forme d'un bébé se dessiner sous le ventre de l'adolescente. " La petite avait déjà perdu les eaux et ne semblait pas réaliser ce qui lui arrivait ". L'infirmière contacte d'urgence le médecin et tente doucement d'établir le dialogue avec la jeune fille avant son transfert à l'hôpital. " Elle ouvrait de grands yeux et me répétait : " Non, je n'ai rien, j'ai juste mal au ventre. " " Quelques heures après, elle donnait naissance à une petite fille. Dix ans plus tard, la crainte d'être passée à côté d'un drame taraude encore l'infirmière. Personne n'avait rien soupçonné. Et l'adolescente ne s'était pas confiée.
Des cas exceptionnels ? Plus fréquents qu'on ne l'imagine, affirment psychiatres, psychologues et gynécologues. Clairement répertoriés comme cas de " déni absolu ". Un mécanisme de défense puissant, rempart inconscient pour échapper au drame dans des situations limites ou de survie. (...) " Le déni n'a rien à voir avec le secret ni avec le mensonge, insiste le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron. Dans le déni, ce que l'on ne raconte pas aux autres, on ne se le raconte pas non plus à soi-même. "
Mais le déni de grossesse n'engage pas seulement l'aspect psychologique. Aucun signe habituel de grossesse n'est perçu comme tel. (...) " Même si, chaque jour, elle ressent les preuves de sa grossesse, une femme qui est dans le déni total n'" entendra " rien, explique David Elia, gynécologue. Chaque réponse est alors " adaptée " pour être conforme à la négation de son état. Le ventre et les seins grossissent ? Simple prise de poids. L'absence de règles ? Cela arrive. Des saignements, des règles irrégulières ? Quelque chose qui " tape " dans le ventre ? Des coliques ou des gaz. (...)
Comme cette jeune fille, blonde et diaphane, au corps moulé dans un jean et un tee-shirt, reçue en consultation de psychologie par Sophie Marinopoulos, psychologue clinicienne en milieu hospitalier. Un cas de " levée tardive de déni ", à 7 mois et demi de grossesse. A la maternité, Sophie Marinopoulos se souvient avoir fait plusieurs aller-retour entre la chambre de la jeune maman et la pouponnière, tant il lui était difficile de faire le lien entre le corps menu de l'adolescente et le gros bébé joufflu de 4 kilos.
Ghadha Hatem, gynécologue-obstétricienne et médecin-chef à la maternité des Bluets, à Paris, reçoit, elle aussi, des adolescentes et des femmes mûres, dont certaines déjà mères, à qui elle apprend une grossesse de 4, 6 ou même 8 mois. La gynécologue et son équipe de sages-femmes savent combien l'issue de ces grossesses longtemps niées peut s'avérer dramatique. (...)
Le déni n'a pas de classe sociale, ni d'âge. Et il est " contagieux ". L'entourage d'une femme dont ni l'attitude ni le corps ne montrent les codes habituels de la grossesse ne prendra pas forcément conscience de son état. (...) Comment alors, le déceler, aider ces femmes en souffrance et en grande solitude ? En cessant d'ignorer cette part d'ombre qui est en chacun de nous. Cette ambivalence entre désir d'enfant et difficulté à être parent. En osant questionner l'autre, quitte à se tromper, répondent psys et gynécologues. Le déni " ne tombe pas du ciel ". Il se construit, bien souvent, après qu'on eut déjà été confronté, autour de soi, à ce mécanisme, même si celui-ci concernait d'autres sujets que la maternité. »
Elle n°2829, 20 mars 2000
"Enceinte sans le savoir"
« Il est fréquent de voir arriver aux urgences des jeunes filles qui se plaignent de maux de ventre terribles ou disent avoir fait énormément pipi : en fait ce qu'elles ignorent (consciemment du moins), c'est qu'elles sont sur le point d'accoucher ! Cela s'appelle le "déni de grossesse".
Souvent, elles en sont au septième ou huitième mois de leur grossesse, mais ont tout fait pour se le cacher (le bébé bouge : non, non, ce sont des gaz !) et aussi, bien sûr, le cacher à leurs parents dont elles redoutent extrêmement la réaction. Du coup, elles rentrent toujours dans leur jean taille 36, n'ont pris que deux ou trois kilos et le bébé (à l'arrivée bien portant et plutôt dodu !) s'est développé là où il le pouvait, jusque dans le dos !
Dès que les médecins leur disent qu'elles sont enceintes et que les parents sont mis au courant, il n'y a plus cette résistance musculaire au niveau de la paroi abdominale, les filles se détendent physiquement et psychologiquement et leur ventre s'arrondit vite (en moins d'une semaine !)
Le bébé a enfin sa place ! En général, on a constaté que ces filles accueillaient plutôt bien leur bébé et qu'elles ne l'abandonnaient pas. D'ailleurs, ce déni de grossesse peut être aussi interprété comme une sorte de protection contre une éventuelle IVG que les parents auraient certainement exigée. »
20 ans, 2000
Toulouse Le deni de grossesse est une maladie, pas un delit
Le 1er juillet 2005, par A.F.R.D.G.,
Une fois de plus, nous avons eu connaissance (voir "La Dépêche du Midi") d'un cas de déni de grossesse qui s'est soldé par la mort d'un bébé.
Rappelons en quelques mots que le déni de grossesse est le fait pour une femme d'être enceinte sans avoir conscience de l'être. Chaque année, en France, 600 à 1 800 femmes sont victimes d'un déni. Dans la moitié des cas il est partiel (elles se rendent compte de la situation avant d'accoucher) dans l'autre, total (elles ignorent leur état jusqu'au moment de l'accouchement). Alors, si la femme n'est pas hospitalisée au dernier moment, l'accouchement est souvent catastrophique.
Il n'est pas difficile d'imaginer le drame intense que vit une femme qui accouche alors qu'elle ne savait pas, une minute avant, qu'elle était enceinte ! L'accouchement ayant lieu n'importe ou, il se passe dans les pires souffrances, sans aucune prise en charge médicale et dans la plus grande précarité sanitaire ce qui explique que la mort du nourrisson survienne 10 % des fois.
Dans ce dernier cas, comme si le drame humain n'était pas suffisamment atroce, la justice met la première victime -la mère- en prison !
C'est ce qui est arrivée à cette toulousaine, déjà mère d'une fillette en bas âge. C'est un scénario qui se répète imperturbablement malgré les avancées de la médecine.
L'Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse s'insurge contre cette pratique juridique moyenâgeuse. Le déni de grossesse est une maladie. Pas un délit. La femme qui a souffert d'un déni de grossesse a besoin de soins. Pas d'un emprisonnement. Sa famille -son conjoint, son enfant- ont besoin d'un accompagnement psychologique. Pas que leur épouse et mère leur soit enlevée.
L'Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse réclame la mise en liberté immédiate de cette mère toulousaine.
L'Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse demande aux pouvoirs publics de prendre enfin la mesure du grave problème de santé publique que constitue le déni de grossesse et d'appliquer les mesures qui s'imposent pour que de tels drames ne se répètent pas régulièrement comme c'est le cas actuellement.
Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse
Voilà, comme ça je pense qu'aujourd'hui vous aurez appris, tout comme moi, une nouvelle chose!!
Bonne journée et prenez soin d'vous;-)